RM 900 Brigida en Galice, été 2002

 

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Croisière dans les rias de Galice.

 

Brigida s’est refait une beauté … durant l’hiver 1999 / 2000 au chantier Sysba à La Rochelle et un bateau tout neuf …

Exit la couleur de coque rouge, voila Brigida avec une belle coque bleu « Star ans Stripes » !
Le pont est également entièrement repeint et on remplace les plexis (ceux d’origine n’étaient pas « fumés » et de plus fixés avec de nombreuses vis, ce qui n’était pas du plus bel effet)
Les listons et cale-pieds en teck sont poncés, la sellerie refaite …. Bref un bateau comme neuf.

 

Avant

Avant

Après

Après

Mais ce n’est pas en 2000 que Brigida visite la Galice, nous traversons bien le golfe de Gascogne mais pour ensuite remonter
sur la Bretagne pour des raisons familiales.

2001 sera bretonne et anglaise.

2002 sera espagnole…

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Les cales sont pleines, la cambuse est garnie, les réservoirs pleins, je largue la bouée du port du Diben (baie de Morlaix)
vers 7 h le 27 juin 2002 pour une traversée en solitaire vers la Galice.

Un petit vent de Nord et une mer belle pour longer la côte nord du Finistère avec la marée descendante de plus !
Je connais tellement bien le coin que je me contente d’un coup d’œil sur la carte, le vent monte un peu et je file presque mes 7 nœuds.
À 14 h j’entre dans l’Aber Wra’ch et prends un coffre, inutile de vouloir passer Ouessant contre la marée.

Une bonne nuit avec le clapotis qui berce et départ à 7 h 30 pour la traversée : environ 350 milles nous attendent ! Mais la méteo semble
avec moi, le vent est Nord et la route plein Ouest, je décide de passer au large de Ouessant car le vent mollit un peu et je serai presque vent arrière dans le Fromveur ou le Four.

À partir de de 12 h le vent fraîchit, F4 toujours Nord, je suis au Nord du Stiff  et avec le courant ma vitesse fond est impressionnante, Ouessant défile à toute vitesse. La mer se calme en s’éloignant de l’île et j’envoie alors le spi asymétrique.
Je marche alors 7 nœuds / 7.5  nœuds sous pilote : le bonheur !

J’affale le spi à la tombée de la nuit et passe sous solent que je tangonne. Je fais ainsi route au 210° ce qui me permet d’être en dehors du rail montant (Finisterre –> Ouessant).
La nuit est superbe, bien claire, bonne visi, je surveille les cargos qui défilent sur mon tribord. Je dors par tranches d’une 1/2 heure.

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Voila l’ambiance ! Je fais une pointe à 8,7 nœuds.

La journée du 29 est sensiblement identique avec toujours un flux de Nord mais plus faible.

Le 30 en matinée le vent tombe et je démarre le Volvo ce qui fait également du bien aux batteries du bord.
A 16 h le vent revient du secteur Ouest, quelques dauphins avec !

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La nuit reste calme, le 1er juillet au matin je suis en vue des côtes, mais le ciel se couvre et le vent va rapidement tourner SW.

Je fait alors route vers Cedeira

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A 11 h je suis au mouillage, 30 mètres de chaîne dans 6 mètres d’eau, je peux dormir tranquille malgré le vent qui fraîchit !

345 milles au compteur soit une vitesse moyenne de 4,7 nœuds : pas trop mal !

Je  vais rester 2 jours au mouillage à Cedeira avec du vent de SW entre F4 et F7/8,
le mouillage est très bien protégé et de bonne tenue …
de plus la rade est magnifique et la petite ville est assez sympa.

Le 4 juillet je rejoins la marina de Sada pour accueillir la famille qui arrive par un vol Paris / La Corogne.
Le 5 au soir avec 4 heures de retard la famille débarque sous une pluie battante : l’avion n’a pu se poser à la Corogne et a été détourné sur Saint Jacques de Compostelle …
Bienvenue en Galice : tout le monde se refait une santé en dégustant un excellent jambon Serrano et le vino qui va avec…

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La croisière commence alors en famille.

Vous avez certainement souvent entendu à la météo marine « Coup de vent sur Finisterre » et ben c’est pas du surfait.

Les conditions de navigation en Galice ne sont pas des plus simples :

– Le vent peut être violent et se lever très vite
– La brume est aussi à craindre.

Nous aurons un peu des deux …

Ce qui ne nous empêche pas de faire une belle croisière. Sur la carte les principaux ports et mouillages visités.

La côte est magnifique partout.

À mon avis il faut éviter les villes, les Espagnols bétonnent leur côtes même en Galice.

À part Muros qui a gardé son charme, de nombreuses constructions n’ont pas leur place dans le paysage.

Vive les mouillages et vous pouvez en trouver beaucoup en sortant un peu des sentiers battus (et avec de bonnes cartes) !

Nous repartons d’abord vers l’Est car les vents restent à l’Ouest : inutile de commencer une croisière avec le vent dans le nez !

Nous visitons ainsi Ferrol, Cedeira, Cariño et la Ria de Ortiguera.

 

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Un de nos plus beaux mouillages :

La ria de Ortiguera, plus en amont se trouve la petite ville de Ortiguera avec un bassin avec ponton (tout neuf en 2002).

Vers la mi-juillet se tient un fantastique festival de musique celtique, nous étions juste là !

 

 

 

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Une vue de la passe d’entrée : il est impératif de rentrer avec la fin du flot et une bonne visi pour repérer le chenal qui a tendance à se déplacer.

Mais après c’est le bonheur…

Le 14 juillet le vent est enfin passé au NE et nous partons vers 20 h 00 de Espazante pour la Ria de Camariñas.
Une traversée de 83 milles à la vitesse moyenne de 6,3 nœuds (le max à 9,4 nœuds) donc cela pousse pas mal…
Nous finissons dans la baie de Camariñas avec 3 ris.

Le spectacle du Cap Ortegal est grandiose.

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Le vent très fort de NE nous interdit le ponton et nous allons mouiller au fond de la ria et échouons sur un bon fond de sable dur (le charme du bi-quille ! )

Nous faisons route le 17 juillet vers le fameux Cap Finisterre que nous passons au moteur après avoir surfé sur les vagues au départ
(max à 9,2 nœuds). Nous venons mouiller à Sardineiro devant une belle plage mais l’eau est très froide …

Le 18 nous nous déplaçons vers Ezaro et mouillons juste avant l’arrivée de la brume.

Le 19 nous allons à Portosin dans la Ria de Muros pour trouver un ponton :

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Lessive !!! Et dégustation de calamars à la plancha !

Le 21 nous sommes dans la Ria d’Arosa et nous mouillons sous le vent de l’île d’Arosa  mais à peine à terre le vent tourne brusquement et l’orage arrive… Nous avons juste le temps de rejoindre le bord, de relever le mouillage (la nuit tombe) pour nous éloigner et aller mouiller à l’abri (relatif) du pont dans 3 m d’eau avec 30 m de chaine et 20 m de cablot : le vent souffle toute la nuit mais le mouillage ne bronche pas.

La définition d’une bonne croisière : une longue suite de catastrophes évitées de justesse !

Le 23 nous rejoindrons Toja toujours dans la ria et nous prenons une bouée du Club (gratuit)

Le 25 nous atteignons Muros après un louvoyage sous solent et 1 ris.
Nous retrouvons un autre RM 900 (Bartolomé) 

Le 26 nous mettons le cap directement sur Sada soit une traversée de 127 milles le tout avec un bon N / NW et donc du louvoyage assez fatiguant. Nous louons une voiture à l’aéroport de La Corogne ce qui nous permet de visiter cette belle région.

Le 30 au matin la famille retourne à Paris par les airs. Il me reste à convoyer Brigida en Bretagne…
Si pour la traversée aller j’avais pu « choisir » une fenêtre météo favorable, pour le retour y’a pas le choix…

Et toute la traversée se fera au près avec un bon NW entre 4 et 7, le pilote marche parfaitement et j’apprécie le rouf avec vue panoramique.
Difficile après avoir connu la vision d’un RM de revenir sur des bateaux où la cabine ressemble à une cave…

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Une vue qui résume l’ambiance de la traversée …

 

Le 2 août vers 7h 00 je passe la bouée d’Ar Men ! Le temps se calme enfin , chenal du Four, et à 18 h 00 je croche une bouée à l’Aber Wrac’h.
436 milles au loch, une vitesse moyenne de 5,3 nœuds : pas mal
Une bonne nuit de sommeil…

Le lendemain je regagne le port du Diben, le voyage s’achève, près de 1 300 milles, aucune avarie à signaler, un bon bateau…

 

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